THE LIBERTE CUP, le tournoi de football qui fédère la cause LGBT à celle des réfugiés

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Samedi 10 septembre, un tournoi de football est organisé à Grande-Synthe.
Ville devenue célèbre par les actions de son maire écologiste, Damien Carême, en faveur des réfugiés.
Début 2016, l’édile crée un camp aux normes du HCR (Haut Comité aux Réfugiés) pour accueillir les réfugiés, initialement regroupés au camp de Bishop.
Depuis, Anne Hidalgo, maire de Paris, a annoncé l’ouverture de deux camps à Paris et en Ile de France.

Au stade Jean Deconninck, l’association COPA 90 organise « The Liberté cup », un tournoi de football pour
les réfugiés en partenariat avec les associations caritatives Fuze Beyond Borders, The Worldwide Tribe,
Utopia 56 et avec le soutien du Football Supporters Europe, le réseau FARE ainsi que la municipalité de
Grande-Synthe. Les équipes sont composées de réfugiés et de joueurs d’équipes soutenant les réfugiés à
travers l’Europe.
Huit équipes participent au tournoi: Le Bohemians FC , Clapton FC , Dulwich Hamlet FC, Hackney Wick FC, FURD, Freedom United FC, Grande Synthe et les Dégommeuses.

Leur objectif : changer la manière dont les réfugiés sont perçus et présentés dans les médias.

Nous avons suivi tout au long du tournoi les Dégommeuses, équipe qui fait la promotion du football féminin
et la lutte – dans le sport et par le sport – contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations.
Les organisateurs imposent la présence dans chaque équipe d’une fille. Difficile à concevoir pour des
femmes parfois en rupture avec le football masculin, mais aussi pour les hommes qui ont du mal à entendre
qu’une femme puisse être douée dans ce sport. Les équipes se composent aléatoirement dans une bonne
ambiance. Les joueurs et les joueuses se préparent et échangent quelques balles le temps de faire
connaissance. On s’échauffe, on discute, on évoque les possibles stratégies, on crée du lien…
Puis, le tournoi débute: 2 demis-terrains sont investis pour des matchs de 20 minutes arbitrés par des
bénévoles. Certains joueurs ont un jeu un tantinet rude. Quelques bousculades, quelques petites entorses…

Les matchs s’enchainent. Certains joueurs, compétiteurs dans l’âme n’acceptent pas la défaite. On s’agite, on
s’invective, mais la tension redescend aussitôt. Le sentiment d’aigreur de la défaite est vite digéré, et laisse
rapidement place aux moments de fraternité.

Dans chaque équipe, une dégommeuse. Elles bousculent les lignes, coursent et frappent la balle, font
trembler les filets, taclent, marquent au maillot, perdent, gagnent… En somme, ça joue au football !
Les joueurs et joueuses tournent au cours des matchs. Les Dégommeuses prennent le temps de discuter, rire,
jongler en bordure de terrain. Elles gardent un oeil alerte sur le déroulé des autres matchs. A cette heure,
deux équipes se détachent.
Sous le soleil écrasant d’un nord de la France réputé froid et pluvieux, Freedom United FC et FURD
s’affrontent dans un match plus que tendu. A la fin du temps, égalité parfaite. C’est le temps des aléatoires
tirs au but. Tous les joueurs et bénévoles sont figés sur la touche. La tension monte. Il faut sauver l’honneur.
Avantage au FURD, Football United Against Racism. Les joueurs, ravis de leur victoire, s’embrasent. Hugs,
accolades pour tous, la fraternité prend le dessus sur la victoire sportive. De larges sourires explosent sur les
visages fatigués par cette longue journée d’efforts.

Les Dégommeuses ont gagné. Sur et hors terrain. Le respect d’abord. Une victoire pour la promotion du
football féminin et la lutte contre le sexisme ensuite.
L’image d’un soutien complet à la cause des réfugiés. Enfin

Reportage © Nnoman / © Julien Pitinome – Collectif OEIL

En savoir plus sur les dégommeuses : http://www.lesdegommeuses.org/


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